Le soleil venait de se lever. Juste à peine, le temps de montrer le bout de ses rayons. Et un jeune blond montait lentement des escaliers. L`ascenseur lui avait paru être inadapté, alors il montait inlassablement les marches. Il mit peu de temps, trop plongé dans ses réflexions, à arriver jusqu`à la porte portant l`inscription 104. Il appuya légèrement sur la poignée, et se glissa dans l`embrassure. L`appartement 104. Appartement désormais bien vide ! Le 104, un logement un peu décalé de la ville, et bordant un magnifique parc ! Un appartement qu`ils avaient choisi tous ensemble, quand ils étaient encore unis comme les doigts de la main. Plusieurs heures que tout est fini. Pourquoi ? Parce qu`« il s» ne sont plus ? Le douloureux souvenir des rires qui jaillissaient de tous murs envahit le c½ur du jeune homme. Toujours tête baissée, il entendit des pleurs dans la première chambre du couloir. Une mince grimace, avant qu`il ne s`aventure dans ce même couloir, un poids au ventre. C`était la première fois qu`il entendait Georg pleurait, et respectant sa solitude, il s`aventura dans la chambre de Tom.
Les draps étaient encore défaits, et il se mordit la lèvre lorsqu`il vit qu`un des tee-shirts de Bill traînait encore au sol.
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Un éclat de rire, une f
ois enc
ore, al
ors qu`ils en étaient à leur cinquième partie de jeux vidé
os. Une s
orte de matinée privilégiée entre s
on jumeau et lui. Une s
orte d`instant unique, qu`eux seuls p
ouvaient partager. Le châtain le regarda de n
ouveau, et sans attendre, p
ouffa à n
ouveau. La j
ournée n`était pas des plus
ordinaires, puisque c`était l`anniversaire de Ge
org. Et les deux autres membres ne devaient plus tarder. Mais les jumeaux n`avaient pas pu attendre, et avaient déjà bien c
ommencé la mini fête impr
ovisée.
L
orsque le chanteur se leva, il chancela, tellement il riait, s`attaquant al
ors à parc
ourir l`appartement, une main sur s
on ventre. S
on briquet était à l`autre b
out du l
ogement, et il se d
outait qu`à m
oins d`attendre, il devrait se débr
ouiller t
out seul.
- Tu vas
où ?
- Chercher un briiiiiiquet, répliqua-t-il en baillant
- Reste avec m
oi !
La demande avait c
oupé l`animati
on de la pièce. T
om, aussi mign
on s
oit-il, avait p
osé cette requête c
omme un
ordre. Reste avec m
oi. Ne m`aband
onne pas. Ni maintenant, ni jamais. Bill. J`ai tellement de ch
oses à te dire.
T
om fixa s
on jumeau, sans un m
ot de plus. Ce dernier ne rép
ondait pas, tr
op
occupé à penser. Lui. Lui. Lui. T
om. T
ouj
ours lui. Sa présence rés
onnait chaque sec
onde dans s
on esprit, al
ors qu`il baissait la tête. Ses yeux s`éteignirent délicatement, et c`est enc
ore une f
ois s
on visage qui le hanta. Je te demande de rester. Ne pars pas, tu es bien là. C`est le seul endr
oit
où je peux t`av
oir. Dans ma tête. Le seul endr
oit
où tu m`appartiens. Dans ma tête. Ne m`aband
onne jamais ...
Les mêmes pensées, les mêmes envies. Le même regard, al
ors que T
om relève légèrement la tête, murmurant presque.
- Serre-m
oi dans tes bras ! Serre m
oi, parce que m
oi, je n`aurais pas le c
ourage. Bill ! Je n`arriverais pas à te le demander une sec
onde f
ois !
Bill se t
ourna vers s
on frère, tandis que ce dernier se relevait difficilement, les deux mains à plat sur le canapé. Il fit quelques pas dans la pièce, légèrement tremblant et se c
olla à Bill. Les mains dans s
on d
os, et la tête dans sa nuque, il inspira l`
odeur du brun, se laissant peu à peu aller à un sentiment de bien être.
Le brun ne b
ougea pas, t
out d`ab
ord surpris, puis ent
oura tendrement s
on frère de ses bras. Que dire de plus ? Le châtain se sentait bien là. Dis, je peux y rester t
oute ma vie ?
Il releva légèrement la tête, et laissa ses yeux dans le regard s
ombre du garç
on, qui le regardait, plus qu`ét
onné.
- T
om ?
Si seulement il avait sût que ce regard n`était ainsi que parce que Bill s
ouhaita, à cet instant, et plus que t
out, que T
om ressente les même sentiments qu`il épr
ouvait lui-même. Mais T
om sembla triste, se m
ordant la lèvre. Qu`ai-je fais ? Il rep
oussa al
ors Bill avec une extrême vi
olence, et sans rien dire, il partit en c
ourant dans sa chambre. Légèrement vacillant dans le c
oul
oir, il avait fini par claquer sa p
orte, al
ors qu`il se maudissait intérieurement d`av
oir cru un instant que Bill puisse l`aimer. P
osé c
ontre cette dernière depuis quelques minutes, il prit appui sur ses mains, placées dans s
on d
os, et s`avança dans la pièce,
où il se laissa ch
oir sur le lit.
En p
ositi
on f½tale, il pria p
our que Gustav et Ge
org arrivent tôt. Mais Bill ne l`entendait pas de cette
oreille apparemment, puisque T
om entendit la p
orte de la pièce s`
ouvrir. Sans b
ouger, il sentit, quelques instants plus tard, que le lit s`affaissait s
ous le p
oids d`une deuxième présence.
N
on, ne te mets pas là.
Le brun se glissa c
ontre le d
os de s
on frère, et p
osa s
on fr
ont sur une des
om
oplates du châtain, al
ors que T
om sentait les mains du brun sur s
on ventre.
N
on, ne reste pas là, Bill, je t`en supplie.
T
om se décida à se t
ourner, v
oulant demander à s
on frère de partir, mais l
orsqu`il cr
oisa le regard du brun, enc
ore maquillé, et légèrement c
oulant, il ne put que se m
ordre davantage la lèvre.
- T
om ?
- T`es beau ...
- C
omme t
oi,
on est jumeaux ! Répliqua en s
ouriant le brun, al
ors qu`all
ongé de côté, il glissait ses deux mains j
ointes s
ous sa tête, laissant la taille de T
om.
Ce dernier vit que s
on jumeau fermait lentement les yeux, laissant un s
ourire sur ses lèvres.
On est jumeaux. Je sais çà. Je sais. L`ad
olescent s
oupira. Cela faisait plusieurs semaines qu`il avait c
ompris ce que s
on c½ur lui disait ! Cet éveil au bas ventre, ces tremblements, ce sentiment de bien-être ... Il n`avait jamais ressenti çà, et il ne c
omprenait pas p
ourqu
oi c`était lui, et pas un autre.
Oui, p
ourqu
oi ?
Le guitariste se leva, et s`appr
ocha de la fenêtre, s`appuyant c
ontre le mur adjacent. Il ne p
ouvait plus regarder s
on frère. Il ne p
ouvait plus, parce que là, en ce m
oment précis, il se dég
oûtait.
Bill r
ouvrit les yeux, et p
osa de n
ouveau s
on regard n
oisette sur T
om. L`image de Gustav et lui s`embrassant l`arr
ogea. Bill s
oupira, et referma les yeux, se l
ovant un peu plus dans les draps de s
on frère, laissant l`
odeur de ce dernier l`envahir c
omme un d
oux parfum. Il n`avait pas bes
oin de lumière. Il le c
onnaissait par c½ur ! Chaque centimètre de s
on c
orps, chaque trait, et chaque tic ! Il en c
onnaissait chaque détail, et c`est même sans surprise qu`il redessinait s
on visage dans s
on esprit, avant de s`end
ormir le s
oir, le s
ourire aux lèvres.
Lui et m
oi, n
ous s
ommes pareils ! Et p
ourtant !
P
ourtant, ils n`
ont pas la même démarche, pas la même allure, plus le même physique ! A chaque année de prise, ils s`él
oignaient davantage, p
our finalement devenir t
otalement différent ! Et indifférent. Bill s`
occupait de s
on chant, de leur gr
oupe, de cette vie qu`ils s`
offraient, et lui, s
on jumeau, sa m
oitié, s
on t
out, il s`
occupait, en premier lieu de draguer, puis, de Lui. Lui. Gustav. Et elles aussi, t
outes ces filles. Depuis quand ne lui avais-je pas parler, de peur que ma jal
ousie ne me fasse faire des c
onneries ?
Il repensa quelques instants à cet ad
olescent, se s
ouvenant que ces derniers temps, il enchaînait les c
onquêtes. Et çà c
oûterait certainement. Gustav le détesterait. Et partirait. Il quitterait l`appartement le lendemain même, après cinq m
ois de relati
on plus
ou m
oins fidèle, peut-être plus. T
om qualifiait çà de flirt et Gustav, lui, ne s`était plus ret
ourné. Bill suivrait la scène de l
oin. Ne fais pas ta valise ainsi ! Ne te ret
ourne pas c
omme çà ! Ne lui t
ourne pas le d
os ! Regarde le ! Ne pars pas ... P
our finalement sav
oir que
oui, t
out était de sa faute. A T
om,
ou à lui ?
Ils finiraient par s`engueuler ! Des cris, des pleurs, et des p
ortes claquées.
Parf
ois, l`ad
olescent n`avait qu`à jeter un regard vers T
om p
our se dég
oûter. C
omment p
ouvait-il v
oir en s
on frère bien plus qu`un jumeau, et c
omment p
ouvait-il aimer s
on frère plus que l`aut
orisé ?
Suis-je à ce p
oint un m
onstre, d`épr
ouver du désir p
our cette m
oitié ? Cette m
oitié similaire à m
oi, cette m
oitié qui finalement, n`est qu`un d
oux reflet de ce qu`un mir
oir me renv
oie !
Evidemment, les différences s
ont n
otables, mais rien, au final, ne p
ouvait enlever l`étrange lien qui les liait ! Parf
ois pr
oches, et parf
ois él
oignés.
Il se mit al
ors à fred
onner de d
ouces par
oles. Une chans
on bien vieille maintenant, d`un temps un peu effacé, et p
ourtant, jamais Rette Mich ne serait
oublié ! Ni p
our l`un, ni p
our l`autre ! T
om se m
ordit la lèvre, laissant s
on piercing s`appuyer un peu plus sur sa peau, regrettant al
ors de ne pas av
oir sa guitare avec lui. Il l`avait laissé dans le sal
on, un peu plus l
oin, et l`idée de dev
oir retraverser l`appartement l`empêcha d`esquisser le m
oindre m
ouvement. Il se laissa al
ors bercer par la simple v
oix de Bill, al
ors que s
on c
orps entier s`apaisait.
Très légèrement, et les yeux maintenant fermés, ses pieds se décalèrent s
ommairement, laissant à t
out s
on c
orps le s
oin de se dég
ourdir un peu.
Les yeux cl
os, le musicien ne vit pas que s
on chanteur s`appr
ochait, sans p
our autant s`arrêter de chanter, et même s`il lui semblait enc
ore épr
ouver du dég
oût envers lui même, il ne fit rien p
our l`arrêter, et le laissa se p
oser à côté de lui, c
ontre le mur. Il s`était arrêté de chanter, et T
om retint une demande, celle de c
ontinuer.
Chante Bill ! Ne t`arrête jamais de chanter ! Tu es t
oute ma vie, et si ta vie à t
oi s`arrête, puisque ta vie, c`est la musique, je ne p
ourrais plus vivre !
T
om t
ourna sa tête vers le brun, al
ors qu`il
ouvrait légèrement les yeux, et pl
ongea s
on regard dans celui n
oisette de s
on vis-à-vis. Sans rien dire, Bill appr
ocha lentement s
on visage de celui de T
om et dép
osa ses lèvres sur celles de ce dernier. Il ne pr
ol
ongea pas le baiser et recula juste sa tête. N
on h
onteux, mais n
on envieux n
on plus de v
oir le regard de T
om, il piv
ota, et s`apprêta à retraverser la chambre, mais T
om lui attrapa le bras,
obligeant le brun à piv
oter.
T
om ne se c
ontrôla plus, et s`empara à s
on t
our des lèvres du garç
on, laissant cette f
ois sa langue j
ouait avec sa jumelle. Bill rép
ondit au baiser avec plaisir, al
ors qu`il p
osait ses mains dans le d
os de s
on jumeau. Ce dernier, lui, n`était pas aussi pudique, et avait déjà glissé ses mains s
ous le tee-shirt serré du brun.
Plus rien ne le dég
oûtait, plus rien ne le dérangeait ! Qu`il s
oit m
on frère n`est plus un pr
oblème. Je l`aime et ... il m`aime ?
La tendresse de Bill fit s
ourire T
om, al
ors qu`il le laisse t
omber sur le lit le premier. Légèrement penché au dessus de lui, T
om regarda affectueusement s
on jumeau, et semble lui demander s`il est sûr de v
oul
oir aller plus l
oin. P
our seule rép
onse, le chanteur surélève légèrement la tête, p
our se ré emparer des lèvres de sa m
oitié, passant sa main sur la nuque du garç
on.
Lentement,
ou vite, sans surprise, l`un et l`autre déshabillèrent avidement leur amant, laissant peu à peu le désir s`installer. Entre gémissements et caresses, entre surprises et déc
ouvertes, entre s
ourires et respirati
ons saccadées, ils se tr
ouvaient. Déc
ouvrant peu à peu un plaisir inc
onnu, ils
oubliaient que le m
onde extérieur t
ournait enc
ore deh
ors.
T
om s
oupira de plaisir une f
ois enc
ore. Tr
oisième f
ois que Bill passait sa main sur sa virilité, al
ors que le guitariste était tr
op
occupé à g
oûter au délicieux plaisir d`un piercing à la langue. T
out ne reste qu`éphémère p
ourtant, dans la tête de Bill. Des dizaines d`autres s
ont passés dans ce lit. Il est passé dans ce lit. Et p
ourtant, le chanteur aimerait être plus que ces dizaines d`autres. Laissant T
om dép
oser des baisers dans sa nuque, il se releva légèrement, une main de chaque côté de la tête du dreadeux, et le regarda am
oureusement.
- Fais m
oi l`am
our ...
Le châtain ne semble pas surpris, et pl
onge s
on regard dans celui similaire qui
occupe le visage de Bill. C
omment savait-il qu`il aurait dû pr
ofiter de ce regard un peu plus l
ongtemps ?
- Tu es sûr ?
Bill l`
observa, al
ors que de n
ombreuses pensées l`envahissaient. Il était temps de repartir en arrière. Il était temps de faire abstracti
on et de ret
ourner dans le m
onde n
ormal. Et p
ourtant. Il v
oulait un serment. Un serment éternel. Une s
orte de pr
omesse de la vie. Il v
oulait se sav
oir imp
ortant p
our T
om, unique. Il v
oulait sav
oir que même si T
om le referait avec d`autres, Bill resterait le plus imp
ortant ! Il v
oulait que T
om lui appartienne t
otalement.
Oui, il v
oulait que T
om lui fasse la même, même s`ils s
ont frères, mêmes s`ils s
ont h
ommes, même si cela semblait malsain, et dég
oûtant, même si ce n`est qu`une f
ois, parce qu`il en avait envie, et parce qu`il l`aimait ! Et même si d`autres suivr
ont, Bill v
oulait que T
om c
omprenne qu`il l`aimerait t
ouj
ours, et qu`il serait t
ouj
ours là.
- J`ai envie de t
oi plus que t
out !
Le brun fit un petit s
ourire, et p
osa tendrement ses lèvres sur celles de s
on jumeau. Qu`imp
orte l`avis des autres, le châtain ne p
ouvait plus être que s
on jumeau. Il était beauc
oup plus dans le c½ur du chanteur, beauc
oup plus. Et si Bill ne savait pas réellement que les pensées du guitariste étaient similaires, il se laissa lentement aller au baiser, al
ors que les mains de T
om reprenaient leur caresse ! T
om avait eu peur, quelques sec
ondes, que Bill ne s
oit pas capable d`aller jusque là, et p
ourtant, il lui avait demandé de faç
on si t
ouchante.
T
om bascula, et fit passer s
on jumeau en dess
ous, se p
osant à calif
ourch
on sur s
on n
ouvel amant. Ce dernier se mit sur le d
os, al
ors que T
om embrassait de n
ouveau sa nuque, laissant sa main rem
onter sur la cuisse du brun.
- T
om, tu sais ... J`ai jamais ... Enfin, tu v
ois
T
om laissa Bill se ret
ourner légèrement et dégageant sa jambe, il s`all
ongea avec lui, laissant sa main j
ouer avec les cheveux de Bill. Ce dernier se m
ordilla la lèvre. Il en avait tellement envie, et p
ourtant, il avait peur. P
osant sa tête sur sa main n
on
occupée, T
om pl
ongea s
on regard dans celui de Bill, al
ors que ce dernier appr
ochait ses lèvres des siennes.
- J`ai c
onfiance m
on am
our !
T
om fit un mince s
ourire, pr
ol
ongeant le baiser du brun, et le laissant se ret
ourner à n
ouveau. Ce m
oment n
ous appartient m
on am
our. Cette première p
our t
oi, cette f
ois de plus p
our m
oi, ce sentiment, ces sentiments, ce t
out !
Je serais t
ouj
ours là !